Remonter

Dans quelle Eglise ou communauté irai  Jésus-Christ,
 s'il revenait sur terre aujourd'hui ?

Les deux premiers textes retracent les difficultés rencontrées par le Christ dans les synagogues :

Marc 3  versets 1 à 6  

Jésus entra de nouveau dans la synagogue. Il s'y trouvait un homme qui avait la main sèche.
Ils observaient Jésus, pour voir s'il le guérirait le jour du sabbat: c'était afin de pouvoir l'accuser.
Et Jésus dit à l'homme qui avait la main sèche: Lève-toi, là au milieu.
Puis il leur dit: Est-il permis, le jour du sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver une personne ou de la tuer? Mais ils gardèrent le silence.
Alors, promenant ses regards sur eux avec indignation, et en même temps affligé de l'endurcissement de leur coeur, il dit à l'homme: Etends ta main. Il l'étendit, et sa main fut guérie.
Les pharisiens sortirent, et aussitôt ils se consultèrent avec les hérodiens sur les moyens de le faire périr.

 Marc 6  versets 1 à 6.

 Jésus partit de là, et se rendit dans sa patrie. Ses disciples le suivirent.
Quand le sabbat fut venu, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de gens qui l'entendirent étaient étonnés et disaient: D'où lui viennent ces choses? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et comment de tels miracles se font-ils par ses mains?
N'est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joses, de Jude et de Simon? et ses soeurs ne sont-elles pas ici parmi nous? Et il était pour eux une occasion de chute.
Mais Jésus leur dit: Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents, et dans sa maison.
Il ne pu faire là aucun miracle, si ce n'est qu'il imposa les mains à quelques malades et les guérit.
Et il s'étonnait de leur incrédulité. Jésus parcourait les villages d'alentour, en enseignant.

 Le troisième texte rappel à chaque homme la difficulté qu’il y a à  rester éveillé et vigilant :

 Matthieu  26   versets  37 à 46

 Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à éprouver de la tristesse et des angoisses.
Il leur dit alors: Mon âme est triste jusqu'à la mort; restez ici, et veillez avec moi.
Puis, ayant fait quelques pas en avant, il se jeta sur sa face, et pria ainsi: Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux.
Et il vint vers les disciples, qu'il trouva endormis, et il dit à Pierre: Vous n'avez donc pu veiller une heure avec moi!
Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible.
Il s'éloigna une seconde fois, et pria ainsi: Mon Père, s'il n'est pas possible que cette coupe s'éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite!
Il revint, et les trouva encore endormis; car leurs yeux étaient appesantis.
Il les quitta, et, s'éloignant, il pria pour la troisième fois, répétant les mêmes paroles.
Puis il alla vers ses disciples, et leur dit: Vous dormez maintenant, et vous vous reposez! Voici, l'heure est proche, et le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs.
Levez-vous, allons; voici, celui qui me livre s'approche.....

Nous avons le privilège d’être réunis dans cette église, belle non seulement par son architecture mais surtout par le nombre de prières et de louanges qui ont été adressées à notre Dieu et Père depuis ces bancs par beaucoup d’hommes et de femmes. Des hommes et des femmes conscients de leur privilège de pouvoir prier ensemble un Dieu d’amour, dans un lieu construit et entretenu pour cela.

Aujourd’hui, alors que nous aussi, sommes réunis pour écouter quelques passages de la Bible puis pour partager ensemble cette parole qui doit nous unir comme des frères et des sœurs en Christ, aujourd’hui, ou  je me retrouve dans le village de la Forclaz, en plein air, sur une colline, face à une nature magnifique, rassemblés avec d’autre personnes, unies par la même confiance et foi en Dieu, je me suis souvenu du ministère du Christ et du contexte de celui-ci.

A priori, Jésus n’a pas beaucoup été dans les synagogues. La plus grande partie de son  ministère ainsi que les moments importants de ses enseignements se sont déroulés à l’extérieur, dans la nature, sur les chemins de la Palestine.

Que ce soit dans une barque, sur une colline, au sommet d’une montagne ou dans une maison ou il était de passage, c’est dans ces endroits là que Jésus a dispensé son enseignement. Dans un sens on peut le comprendre : bien qu’étant ainsi devenus des moments d’enseignements pour nous, plusieurs passages dans les synagogues ou dans le temple de Jérusalem,  se sont terminés sur des incompréhensions ou des sentiments d’échec soit avec le peuple, soit avec les pharisiens.

Dès lors, on comprend mieux que Jésus aie préféré dispenser son enseignement là ou il se trouvait, au milieu de gens venus près de lui l’écouter, sans à priori, et surtout avec une demande d’entendre et de connaître la parole de Dieu.

Alors je me suis demandé ce que Jésus ferait, si aujourd’hui, il revenait parmi nous. Préférerait-il les églises, les temples ou simplement choisirait-il de prêcher là  où il se trouve, avec les gens de passage…

En d’autre terme, que dirait Jésus de nos églises, de nos institutions, de nos habitudes et de notre certitude d’êtres parmi ceux qui ont le mieux compris son message !…

Choisirait-il d’ignorer nos divisions, nos protocoles, notre manque de tolérance, passerait-il à côté ou dans  nos belles églises ou lieux de cultes, qu’ils soient catholiques, protestants, darbystes, salutistes, pentecôtistes ou autre ?

Ou se sentirait-il le mieux pour aller à la rencontre des gens  leur apporter son amour et  sa tolérance ?

J’ouvre là une parenthèse pour battre en brèche une autre utopie propagée par les hommes :

C’est vrai que parfois, dans la vie c’est  plus simple de repartir entièrement de zéro que d’essayer de réformer quelque chose d’existant. C’est tentant de faire table rase de l’existant, d’être un bon révolutionnaire, de tout détruire afin de pouvoir  ensuite, reconstruire parfaitement.

Malheureusement, cette manière de procéder représente une de nos utopies. Parce que le monde n’est constitué que d’être humains imparfaits, jamais aucune chose  ni aucune institution ne pourra être reconstruite d’une manière parfaite. Au contraire, la seule façon de s’approcher un petit peu de la perfection, d’arriver peut-être à reconstruire quelque chose de meilleure qu’avant, est d’accepter de collaborer avec les autres,  tous les autres, de les accepter vraiment comme ils sont avec leurs richesses et avec leurs faiblesses.

Fermeture de la parenthèse….

Ainsi, pour reprendre la question de tout à l’heure, à savoir ou Jésus-Christ irait s’il revenait aujourd’hui, je pense qu’il irait dans tous les lieux ou on accepte son prochain en respectant sa façon de croire et de comprendre…

Dans tous les lieux ?  Pouvez-vous imaginer Jésus, par exemple, au milieu d’une gay-parade : ne serait-ce  pas un scandale pour nos yeux de bon chrétien. Et pourtant je peux parfaitement voir le Christ au milieu de cette foule là….

Pas pour cautionner, pas pour condamner, pas non plus pour dire à quiconque qu’il a tort. Non, simplement pour apporter le message d’amour, pour mettre à disposition de tous ceux qui le désire une autre vision du monde dans lequel la grâce, plus forte que tous les péchés du monde apporte vraiment à tous ceux qui croient, une nouvelle espérance.

Les Eglises, les institutions ont fait de leur mieux pour annoncer la parole de Dieu. Parfois endormies, parfois sectaires, sûr de leur bon droit, manquant d’amour, elles ne sont jamais composées que d’hommes et de femmes perfectibles par la grâce de Dieu. Aujourd’hui, alors que précisément, (dans un moment nous nous trouverons) nous nous trouvons dans un environnement qui serait certainement familier à notre Seigneur Jésus-Christ, nous voulons prier afin que nos Eglises, toutes nos églises veillent à enseigner et à entretenir un  message d’amour et de tolérance afin que le fils de Dieu se sente, lui aussi, pleinement accueilli parmi nous…

Et puis, si le Christ a souvent préféré la rue à l’église, n’est-ce pas aussi pour nous apprendre que notre foi et notre espérance ne sont pas là seulement le dimanche matin. Au contraire, être des enfants de Dieu, c’est vivre sa foi sept jours sur sept, au milieu du monde, dans notre travail comme dans nos loisirs. On ne peut être chrétien que 24 heures sur 24. Quelle responsabilité pour des gens tel que nous. Heureusement nous savons que nous ne sommes que des humains, que le fait que le Christ soit venu dans la peau d’un simple homme lui permet de mieux nous comprendre. Les disciples eux-mêmes qui se sont endormis plusieurs fois dans le jardin de Gethsémané étaient des hommes comme nous. Jésus ne les a pas condamnés pour tout ça mais Il les a encouragés à veiller, sachant que si l’esprit est bien disposé, la chair est faible.

Le Christ n’a jamais condamné quiconque. Au contraire, dans chaque situation, dans chaque rencontre,   avec un langage et des textes appropriés, il s’est efforcé de permettre à son vis à vis de comprendre que Dieu est plus fort que notre cœur, que sa grâce sera toujours présente , qu’il suffit de nous remettre entre Ses mains.

Le message que je souhaite vous laisser aujourd’hui consiste en deux points :

1er point : On ne peut être chrétien que sept jours sur sept. C’est à dire à l’église, dans la rue, au travail, dans nos loisirs. Alors merci Seigneur de renforcer ma disponibilité et mon esprit de service…. Merci de ne pas nous laissés nous endormir sur le sentiment, vite acquis, d’être tranquille pour la semaine, parce que nous sommes allé à l’église aujourd’hui.

2ème point : On doit encore mieux sortir de nos propres murs  intérieurs, de nos églises pour allez à la rencontre des autres ou qu’ils se trouvent. Merci Seigneur, d’abattre nos barrières et nos préjugés… Merci de nous aidez à construire, là ou nous nous trouvons, dans ce monde ou tu nous accompagnes tous les jours,  un petit coin dans lequel tu te sentes bien, un petit coin depuis lequel nous puissions vraiment être à l’écoute de l’autre…

Et pour tout  cela, pour ce programme qui peut sembler très lourd, nous ne serons jamais seul :

Je suis le cep, à dit le Christ, vous êtes les sarments. Le cep, c’est le pied  porteur de toute la plante avec de fortes racines : si donc nous sommes fermement enraciné en Christ, il ne peut pas faire autre chose que de nous accompagner chaque jour.

Fort de ces promesses ineffaçables et éternelles, allons, mes amis, mes frères et sœurs, allons et que Dieu dans toute sa bonté, utilise notre faiblesse pour permettre à son Amour et à sa Grâce de rejaillir sur tous ceux qui nous entourent….

 

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